Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n’est pas impossible que tout le monde ait tort.

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Anderlecht : Triste bilan à mi-législature de la majorité PS-MR-CDH

Conférence de presse du 15 décembre 2009

Le 15 décembre 2009

Cela fait trois ans (et quelques jours) que le Collège issu des élections d’octobre 2006 est entré en fonction. Nous sommes donc à mi-législature. Le moment nous semble opportun pour faire un bilan de son action, mais aussi dans une logique constructive pour mettre en évidence les principaux enjeux qui attendent notre commune afin de trouver ensemble des réponses aux attendes légitimes des Anderlechtois.

1. Un Collège tout sauf ... collégial, englué dans la médiocrité et la zizanie

Ce collège est très décevant, tant au niveau individuel que collectif.

Il n’est point besoin d’insister sur les lacunes et faiblesses de certain(e)s échevin(e)s tant elles apparaissent au grand jour à quiconque assiste une fois à un conseil communal.

Nous ne nous laisserons pas aller à la facilité en citant ces faiblesses individuelles, mais nous ne pouvons passer sous silence le cas de Willy Raes, échevin qui a perdu la confiance de son groupe et de l’ensemble du Conseil, mais qui reste échevin en titre et reçoit dès lors un salaire plein pour ne rien faire.

Plus préoccupant est l’état de déliquescence du MR, qui s’est encore accentué depuis le décès de Jacques Simonet. Ce MR anderlechtois est une fiction, un cartel électoral, déchiré entre ses ailes PRL et FDF, ce dernier menaçant régulièrement de faire sécession et rentrant dans le rang après une remise au pas par les instances régionales de leur parti.

L’état du PS n’est pas beaucoup plus réjouissant, profondément divisé en 2 clans, (Tomas et Laanan) qui préparent déjà le combat pour l’attribution de la tête de liste de 2012. On pourrait à titre d’exemple citer les peau de banane et les bâtons dans les roues qu’aiment utiliser l’échevine de la Culture, la présidente du Centre culturel et la Ministre de la Culture, toutes trois socialistes anderlechtoises...

Tout ceci pourrait paraître anecdotique si cela n’avait un impact (catastrophique) sur la gestion de la commune : immobilisme, blocages, absence de projet commun.

Car qu’elle est l’image aujourd’hui de la commune d’Anderlecht auprès de ses citoyens et plus largement en Belgique ? Oui, Anderlecht a fait la une de l’actualité pour ces émeutes ethniques en mai 2008, avant cela pour les transports en commun attaqués à jet de pierre, puis récemment en septembre et novembre par des nouveaux incidents de rue violents. Quelles réponses la majorité politique a-t-elle apporté à ces situations graves et à l’inquiétude légitime des citoyens Anderlechtois ?

2. Une majorité incapable de gérer les enjeux majeurs

Enjeux sociaux

L’absence d’initiative en matière d’emploi est navrante : le Collège semble en faire la dernière de ses priorités. On ne voit pas de différence entre Raes et Van Goidsenhoven : c’est tout dire...

Alors que d’autres communes, comme celle de Forest, initient des entreprises d’économie sociale, par exemple dans des filières vertes d’avenir (panneaux solaires, recyclage), Anderlecht demeure inactive. Lors de son investiture, la majorité annonçait une politique coordonnée en matière d’emploi entre CPAS-ALE-Mission locale etc... On n’est nulle part.

La gestion du CPAS constitue quant à elle une véritable régression sociale : alors que la pauvreté augmente de manière spectaculaire à Anderlecht, comme dans la plupart des communes bruxelloises, la dotation communale au CPAS stagne. Cela a pour corollaire que la plupart des aides non obligatoires accordées par le CPAS sont corsetées. Les travailleurs sociaux, qui reçoivent des consignes visant à limiter au maximum les dépenses, sont démotivés et quittent dès qu’ils en ont l’occasion.

Préambule

Dans l’ensemble des communes de la Région de Bruxelles-Capitale, le nombre de personnes aidées a explosé ces dernières années. Au-delà des personnes qui, dénuées de ressource, s’adressent aux CPAS pour bénéficier d’un revenu d’intégration ou d’une aide sociale équivalente, un nombre croissant de personnes qui ont besoin d’une aide pour se loger, se soigner, se chauffer, se nourrir, éduquer ses enfants...De plus, les CPAS ont vu ces dernières années leurs missions évoluer et se diversifier dans le cadre de l’Etat Social Actif. Les coûts afférents à ces nouvelles initiatives porteuses de plus-values sociales ne sont cependant que partiellement couverts par le pouvoir fédéral ou régional qui en sont les initiateurs. Ainsi, les problèmes financiers des CPAS sont devenus une des premières causes des difficultés financières que connaissent les communes. Anderlecht, ommune dotée d’une importante population précarisée, subit de plein fouet les concéquences des évolutions brièvement évoquées ci-devant.

Note de Politique générale 2010 du CPAS

Enjeux écologiques

Du bla-bla : voilà à quoi on peut résumer l’action du Collège en matière d’environnement. De belles déclarations d’intention, une intéressante journée d’étude sur Neerpede, mais c’est tout.

Lorsqu’il faut passer à l’acte, c’est le vide sidéral. Les exemples sont nombreux : projet d’Agenda 21 recalé, pas de plan climat (malgré la motion votée à l’initiative d’Ecolo), projet d’étude sur la biodiversité budgétisé, mais abandonné, absence d’achat de papier recyclé, absence de critère écologiques pour l’achat de véhicules,...

Mais le jugement le plus sévère a sans doute été posé par les citoyens membres du comité d’accompagnement de la « Charte pour un développement durable et équitable », le 23 octobre 2008 à l’occasion d’une interpellation au Conseil communal :

« Nous avons rencontré le Bourgmestre, qui nous a assuré de son intérêt et de son soutien, mais dans les faits rien n’a changé. Même si l’un ou l’autre Echevin a marqué quelqu’intérêt à la chose, nous avons senti globalement une énorme résistance, voire, de la part de certains, du mépris par rapport à notre action. Dans un tel contexte, las de travailler à contre-courant, nous avons décidé de déposer le bilan et de déclarer morts la Charte et le Comité d’accompagnement. Nous dénonçons avec force cette supercherie "˜durable’ et exigeons que toute mention de la Charte et de son comité soit supprimée des documents communaux officiels et qu’elle disparaisse du site Internet communal. »

Enjeux sociétaux

Au lendemain d’une nouvelle situation de crise et de tension, période difficile pour la cohésion sociale dans notre commune, on ne peut que souligner l’absence de réponse probante à l’ampleur des enjeux.

Les problèmes sont complexes et il n’y a pas de réponses simples ni simplistes.

Il y a pourtant des valeurs, des choix politiques qui contribuent à construire un projet commun et qui ne sont plus portés par le Collège actuel. Pire, nous avons l’impression que de nouveaux murs (de Berlin ou de Jérusalem) se construisent !

Il faut développer des projets interculturels et valoriser les cultures. Comment comprendre que la « Charte contre le racisme », portée par l’UNESCO et soutenue par le Conseil communal en juin 2006 ait mis trois années avant d’être votée au Conseil !

La commune d’Anderlecht est très hétérogène. Il faut développer les échanges. Le Conseil communal des enfants était un magnifique laboratoire en cette matière regroupant une jeune juive de l’athénée Maimonide avec un jeune garçon de Cureghem. Ce projet a été supprimé par le nouvelle majorité.

La démocratie participative est aujourd’hui transformée en simple consultation face à un collège qui, in fine, décidera en fonction de ces conflits internes.

3. Ecolo force d’opposition constructive

Ecolo s’était engagé à mener une opposition constructive. Nous recevons de nombreux signes ou témoignages de gens (de l’administration communale, de citoyens ou d’associations) qui regrettent notre absence au Collège et qui espèrent qu’Ecolo y revienne.

Nous remplissons notre rôle de contrôle du Collège : de nombreux points sont retirés du Conseil communal suite aux observations du groupe Ecolo pour vice de forme ou illégalités. Ce travail de vigilance éclaire au grand jour l’incompétence du Collège et/ou de l’administration.

Nous faisons des propositions : dépôt de nombreux amendements techniques ou de fond, de motions ou de règlements dont beaucoup sont votés (Accord de majorité, Plan climat, soutien Ingrid Betancourt, prime panneaux photovoltaïques, gares RER, commune contre le Racisme,...).

Ecolo seule vraie opposition, crédible, respectée, constructive et pugnace.

Conclusion :

Aujourd’hui les militants d’ECOLO-Anderlecht, comme beaucoup d’Anderlechtois, sont préoccupés pour ne pas dire inquiets de la situation dans laquelle se trouve leur commune.

Que ce soit en matière environnementale, d’emploi, de lutte contre la pauvreté ou encore de citoyenneté, le manque de crédibilité du Collège actuel face aux enjeux de notre société est criant et ne peut nous permettre de voir l’avenir avec optimisme.

Comme cela a été dit, les réponses à la crise que nous connaissons ne sont pas simples. Mais il nous semble qu’elles doivent être apportées par l’ensemble des personnes (associations, syndicats, comités de quartier, représentants politiques, comités de commerçants, ...) dans une logique de participation citoyenne.

Nous sommes prêts à apporter notre pierre à l’édifice. Nous le faisons déjà régulièrement au Conseil communal. En l’absence d’initiative convaincante du Collège, nous ferons des propositions visant notamment à répondre à apporter des réponses aux question suivantes : Comment lutter contre le racisme ? Comment ouvrir un dialogue entre jeunes et policiers ? Comment ouvrir un réel dialogue avec les jeunes issus de l’immigration maghrébine ?

Documents joints

Mis en ligne le mardi 5 janvier 2010 par Philippe V.


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